Samedi 13 Janvier 2007, à Paris

Publié le par Jean-Louis Malgoire

COMMUNIQUE DE PRESSE

du Comité de soutien à Stéphane Lafargue

et de 12 associations parentales 

      Douze associations parentales françaises et le Comité de soutien à Stéphane Lafargue organisent la troisième action depuis décembre dernier, le :  

Samedi 13 janvier 2007

Place du Palais Royal à Paris

à 10 heures du matin.

Détail circuit ci-dessous (a)

Objet de l’action (b) :

      Constatant le suicide et le décès prématurés de nombre de leur adhérents et adhérentes dont celui de Stéphane Lafargue (c), père de famille honorable, privé de son rôle éducatif par ordonnance judiciaire, ces associations se rassemblent avec un triple objectif : 

  1. sensibiliser les pouvoirs publics sur les drames humains liés aux séparations conflictuelles, sur les conséquences sociales de l’éviction d’un parent et le surinvestissement de l’autre 
  2. conduire à un changement radical dans le traitement judiciaire des séparations, avec des mises en oeuvre permettant un exercice véritable de l’autorité parentale conjointe et l’instauration d’une éthique positive en place d’une gestion négative des séparations
  3. responsabiliser les magistrats familiaux quant aux conséquences de leurs décisions comme tous les agents du service public, instaurer la parité chez les JAF, harmoniser leurs pratiques, les former à la psychologie et à la gestion des conflits, supprimer le huis clos judiciaire, publier les statistiques des décisions rendues par juridiction

Les 12 associations parentales sont mentionnées dans le tract sur la délinquance des jeunes (d) 

    1. Précisions sur le circuit de la manifestation :
 

Ces associations défileront sur le parcours suivant, avec dispersion à midi : 

Place Palais Royal (Station Palais Royal-Musée du Louvre)-rue de Rivoli-place des pyramides-avenue général Lemonnier-Pont Royal-Quai Voltaire-Pont des Arts-Quai du louvre, quaide la Mégisserie-Place du Châtelet (arrivée) 

      b) Précisions sur l’objet : 

1) Sensibiliser les pouvoirs publics sur

                a) les drames humains liés aux séparations conflictuelles, tant pour les enfants que pour les pères, mères et lignées parentales : souffrance morales, suicides, désordres physiologiques et psychologiques, meurtres.

                b) les conséquences sociales de l’éviction d’un parent et le surinvestissement de l’autre : marginalisation ou sdfisation du parent exclu démuni (souvent le père), précarisation du parent gardien (souvent la mère), délinquances et comportements déviants des enfants et adolescents (cf. SAP, syndrome d’aliénation parentale)  

    2) conduire à un changement radical dans le traitement judiciaire des séparations avec :

                a) la mise en oeuvre des lois existantes et de nouvelles dispositions permettant un exercice véritable de l’autorité parentale conjointe et des solutions pacifiées par la médiation familiale (résidence alternée par défaut en place de la résidence unique)

      b) l’instauration d’une éthique positive en matière de séparations familiale en place d’une gestion destructrice du couple parental sous couvert de l’intérêt de l’enfant, par la généralisation de la médiation familiale et la déjudiciarisation des procédures  

    3) la responsabilisation des magistrats familiaux quant aux conséquences de leurs décisions comme tous les agents du service public, l’instauration de la parité chez les JAF, leur formation à la psychologie et à la gestion des conflits, la cessation du huis clos judiciaire, la publication des statistiques par juridiction  
     
     

c) Précisions sur le drame de Stéphane Lafargue :

      C’est le 15 novembre dernier, date de la dernière ordonnance du TGI de Nimes, et au terme de six années de procédures en 2006, que Stéphane Lafargue a compris que son fils Paul serait irrémédiablement privé du rôle affectif et éducatif de son père et surinvestit par sa mère. Stéphane Lafargue s’est installé vers 1975 dans un hameau du Parc National de Cévennes, près de Pont de Monvert (Lozère). Après avoir acquis un terrain cédé par des agriculteurs, devenant voisins et amis, il y construisit de ses mains sa maison et un atelier, dans un environnement naturel et privilégié. D’abord salarié chez un menuisier pendant six ans, il s’installa ensuite à son compte comme menuisier sur son lieu de vie. Homme simple, gentil, posé, assez réservé mais bon vivant et plein d’humour en cercle amical, ouvert et cultivé, Stéphane Lafargue changea d’orientation et passa le CAPES de mathématiques après avoir suivi les cours du CNED à domicile. Reçu, il devint professeur dans un collège voisin.

      Une compagne s’installa chez lui et ils eurent un fils, Paul. Enseignante elle aussi, mais vite désireuse de partir avec l’enfant en bas âge, Stéphane contacte une association parentale à Montpellier dès 1998. Conseillé pour mettre en oeuvre l’autorité parentale conjointe, afin que son fils Paul  bénéficie de l’éducation et de l’affection de ses deux parents même séparés, la résidence alternée fut mise en œuvre. La mère demeurait et travaillait à proximité. Pour autant, elle demande sa mutation à Alès (Gard) et obtient du juge la résidence unique. Or la distance -une heure de route- empêche l’alternance éducative. Dépité, Stéphane Lafargue, entreprend une première grève de la faim, mais suit et obtient lui aussi sa mutation à Alès. Il doit gérer deux domiciles pour pratiquer la résidence alternée. Malgré les efforts de Stéphane, et sans doute dépitée de toujours voir le père de Paul qu’elle pensait avoir tenu à distance, la mère refuse de formaliser ces modalités éducatives en alternance, se réservant le droit de disposer de l’enfant.

      De son côté, le petit Paul vit mal son déplacement forcé en ville : il veut retourner à son domicile rural avec ses amis. Il fugue, est ramené par le police chez sa mère, s’invalide, fait part à de nombreux médecins, psychologues et experts, et à son père, de son souhait de retourner chez papa (entendre : son environnement précédent). Le juge considère quant à lui que l’enfant doit rester chez la mère, qu’il doit « apprendre la frustration »…Un jour peut être Paul retournera t il chez papa…indique en substance le juge dans l’ordonnance du 15 novembre 2006…revenez au tribunal quand il y aura un « élément nouveau », le sésame des procédures…

      Quant à Stéphane, ayant toujours rempli son rôle parental, voyant Paul en grande souffrance, il ne souhaite pas attendre le bon vouloir d’un fonctionnaire de justice pour que son fils soit élevé et aimé au quotidien par son père. Stéphane nous a informé sur l’incompréhension des magistrats successifs lors des audiences et de leurs griefs pour son insistance à vouloir s’occuper de Paul, que traduisent les ordonnances. Il nous fait aussi part de sa conscience de la partialité judiciaire, de l’idéologie anti pères destinée à les faire languir leur vie durant, des intérêts corporatistes des professionnels de la procédure, de la clientèle potentielle pour d’autres que représentent les enfants à problèmes élevés en situation de monoparentalité. Stéphane écrit à des députés, au ministre de la Justice, à des présidentiables, à la défenseur des enfants : dans le meilleur des cas, on compatit mais on ne peut rien ni pour lui ni pour Paul.

      Devant ce mur, Stéphane, homme paisible, a estimé que Paul devait être éloigné des procès et que le combat s’arrêterait faute de combattant. Il sait depuis le 15 novembre 2006 que malgré les procédures, son fils ne bénéficiera jamais plus dans son enfance ni de l’éducation parentale partagée ni de son domicile campagnard. Pour lui, comme pour le commun des mortels, les enfants donnent un sens à la Vie. Ce sens lui étant ôté, il a décidé d’arrêter de vivre. Ce dont il nous a informé. Malgré notre diligence, celle de ses élus locaux et du service social de son employeur, il a décidé, après réception de l’ordonnance du 15 novembre dernier, de cesser de s’alimenter à compter du 20 novembre 2006, choisissant à dessein la date anniversaire de la ratification de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant.

      « Cela ne changeait pas grand-chose » nous a confié un voisin le jour de ses obsèques, le 5 décembre 2006, «  il était déjà tellement maigre, il ne mangeait presque plus depuis un an à cause de ces procès et de ne plus voir Paul ». Pourtant, il avait rentré un gros stock de bois, et réalisé une adduction d’eau encore en chantier pour passer l’hiver dans de bonnes conditions de confort. Ceci reste visible devant sa maison à la date de ce communiqué. Stéphane avait prévu les deux alternatives, celle qui lui rendait son rôle éducatif, et celle qui l’en privait.

      Le magistrat familial l’ayant condamné à ne plus élever Paul, respectueux à la fois des décisions judiciaires et de son devoir éducatif, Stéphane a pris ses dispositions : il a mis en ordre ses affaires courantes, organisé ses archives, rédigé son testament, rangé sa maison, préparé pour ses amis militants ses courriers, procuration, supports informatiques et visuels et envoyé un don financier pour la création d’une structure militante. Il a pris en compte son fils mais ceci reste dans le secret de son testament, reçu tardivement par ses parents vers fin décembre, après avoir été pris à son domicile par les autorités venues constater son décès. 

Mais en vérité : qui a tendu la corde pour que se pende Stéphane Lafargue le 1° décembre 2006 ? 

Pour toute information sur ce dossier :

Maître Emmanuelle Carretero, avocate de Stéphane Lafargue, correspondante de

Enfance et Partage : 04 67 60 42 04

Philippe Troncin, légataire des archives de Stéphane Lafargue : 06 07 49 76 65 

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