Les cités "chaudes" comme celles du 93 ne sont que les révélateurs d'une société qui n'a pas réussi à intégrer tous ses enfants ce qui favorise le développement de sociétés de vigiles de plus en plus musclés, voire de sectes en tout genre, pour tenter de les surveiller à défaut de pouvoir les éduquer afin de leur donner les moyens de leur épanouissement. Notre secrétaire d'Etat à la ville et au logement, Mme Fadela Amara, a beau dire que "l'heure de la glandouille est terminée" dans les banlieues, cela ne suffit pas pour régler le problème de la violence et de la drogue chez les jeunes, car il n'y a pas de véritable projet social pour eux aujourd'hui.
Les divorces qui se multiplient partout, même dans les milieux bourgeois où les parents avaient appris à se sacrifier un peu pour leurs enfants, sont très inquiétants car ils provoquent de plus en plus de victimes parmi nos jeunes qui n'ont plus de cadre familial. Bien souvent, les mères qui élèvent alors seules leurs enfants ne parviennent pas à s'en sortir et les pères qui ont été coupés de leurs enfants ne peuvent plus rien faire pour récupérer la situation quand il est trop tard... Il ne reste plus alors que des vigiles "musclés" ou la Police pour interviennir au nom de la loi pour préserver l'ordre public.
Paradoxalement, ce n'est pas dans les cités chaudes qu'il y a le plus de divorces car les gens pauvres n'en ont pas toujours ni le courage, ni les moyens en espérant retrouver un nouveau "compagnon" pour partager leur misère. Mais, là encore, le problème de fond est celui du rôle éducatif des parents qui ont démissionné et qui laissent leurs enfants vivre dehors sans aucun repère plutôt que de devoir véritablement s'en occuper.
Par conséquent, nous aurions besoin cette année que l'Etat accepte enfin de renforcer les pouvoirs parentaux en jetant notamment les bases d'une nouvelle école des parents pour tous ceux qui ont démissionné de leur rôle parental ou qui ne parviennent plus à l'assumer pour faire de leurs enfants de futurs citoyens de notre République. Cette école rendue obligatoire pour tous les débordements des enfants sanctionnés par la justice, viendrait compléter l'Education Nationale qui ne peut plus tout faire.
Dans cet esprit, le cadre de la Résidence Alternée qui pourrait elle-aussi être imposé par la loi en cas de divorce, avec l'accompagnement de mesures éducatives proposées par la Médiation Familiale, viendrait encourager les parents divorcés à assumer pleinement leurs responsabilités parentales de façon paritaire.
Une société qui n'aide pas ses enfants à s'insérer dans la vie en étant guidés par leurs propres parents dans le respect de leurs valeurs familiales et de leur culture, est une société qui se condamne à disparaître car elle risque d'être rejetée par ses propres enfants perdus dans la barbarie et la violence.
Nous devons donc tous nous mobiliser cette année, pour essayer d'éviter cette issue tragique alors que notre société a encore les moyens de réagir et que nous savons, en tant que parents divorcés, que cette menace est sérieuse puisque la plupart de nos enfants sont déjà en danger.
Seule cette mobilisation nous permettra de renouer le contact avec nos propres enfants pour les aider à s'en sortir, mais aussi de nous faire l'écho de tous les autres parents qui sont eux-mêmes dans l'incapacité de s'occuper de leurs enfants.
Les enjeux de notre combat dépasse très largement notre situation de parents divorcés, et nous devons cette année réussir à nous fédérer et à nous mobiliser pour récupérer nos enfants, et aider tous les parents en difficulté à le faire aussi en évitant leur placement par tous les moyens.
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