Parité Parentale:
plusieurs associations unies autour de la défense de la résidence alternée.Comité de soutien à Stéphane LAFARGUE Le PARTI des ENFANTS du MONDE
M. Philippe TRONCIN, Coordinateur M. Michel DUDRAGNE, Président
14, rue Cyrano de Bergerac 22, rue Maurice Blondel (siège)
34 090 MONTPELLIER 21 000 DIJON
Madame ou Monsieur le Président
3, Place Henri Barbusse
30 100 ALES
Madame ou Monsieur le Président
30 000 NIMES
Enquêtrice sociale
Madame Geneviève SEIGLE
843, Quai de Cauvel
30 100 ALES
Centre Hospitalier de Montfavet
Docteur René PANDELON
Psychiatre, Psychanalyste,
Expert près les Tribunaux
BP 92
84 143 MONTFAVET Cedex
Affaire concernant l'enfant Paul LAFARGUE (né le 7 mars 1996)
Dijon, le 21 mars 2007
Mesdames, Messieurs,
Vous avez sans doute appris que Stéphane LAFARGUE, le père de l'enfant cité ci-dessus s'est donné la mort par pendaison le 1er décembre 2006 en son domicile à Fraissinet-de-Lozère (Lozère). C?est l?un des 10 784 suicides comptabilisés en 2006.
Les suicides représentent environ 2 % de la mortalité en France, plaçant notre pays au 3ème rang européen. Chaque jour, sur les 410 tentatives de suicide, 30 aboutissent : 23 hommes et 7 femmes.
Rares sont les ''spécialistes" qui tentent de comprendre les raisons qui poussent tant de personnes à en finir avec la vie : chômage, précarité, maladie, échec sentimental, endettement, rupture des liens familiaux, harcèlement?
De notre côté, nous avons tenté de comprendre le geste de ce père de 51 ans, enseignant, agrégé de mathématiques, apprécié par sa hiérarchie et par ses élèves, geste qui a conduit à rendre orphelin un petit garçon de 11 ans.
Un drame parmi d?autres?
En s'inspirant de la chanson « Qui a tué Davy Moore ? » de Bob Dylan reprise par Graeme Allwright, on pourrait dire :
« Qui a tué Stéphane Lafargue ? Qui est responsable et pourquoi est-il mort ? »
« Ce n'est pas moi », dit la mère, « Vous ne pouvez pas m'accuser. C'est moi qui ai porté l'enfant, qui ai souffert quand je l'ai mis au monde. J'ai des droits. L'enquêtrice sociale était d'accord avec moi et la juge aussi. C'était mon droit de déménager à Alès sans en parler au père. La justice m?a donné raison ; j?ai obtenu la résidence principale de mon enfant. La résidence alternée n'était pas supportable pour lui. Il changeait d'école tous les ans.
En allant à Alès, je n'avais plus de longs trajets et donc moins de frais. Je n'ai pas de compte à rendre à mon ex. Je suis une femme libre, j'ai le droit de refaire ma vie. Certes, maintenant ça va être un peu plus difficile financièrement, quoique? »
« Qui a tué Stéphane Lafargue ? Qui est responsable et pourquoi est-il mort ? »
« Ce n'est pas moi », dit l'enquêtrice sociale, « Vous ne pouvez pas m'accuser. Je n'ai fait que mon boulot en rédigeant cette enquête. J'ai peut-être suggéré à la mère de muter avec son fils à Alès afin qu'elle ne soit plus épuisée par la résidence alternée. Peut-être que ça a compliqué les relations père-fils, mais des spécialistes disent qu'elles sont moins importantes que les liens mère-enfant.
C'est déjà bien qu'on leur accorde des droits de visiter leurs enfants. Croyez-moi, ça empoisonne la vie des mères, ça les gène lorsqu'elles veulent refaire leur vie. L'éducation, ça a toujours été une affaire de femmes. Voyez les chiffres : 79 % de femmes dans le primaire. Les femmes sont en grande majorité celles qui s'arrêtent de travailler pour s'occuper des enfants. Elles gagnent moins que les hommes, c'est normal que les pères les aident financièrement.
Et puis, depuis la nuit des temps, les pères ne se préoccupent pas beaucoup de l'éducation de leurs enfants. Ce n'est pas valorisant à leurs yeux.
Nous, les femmes, nous nous tapons toutes les tâches familiales pendant qu'eux vont je-ne-sais où ? Dès qu'une femme veut sortir de la maison, il y a toujours un macho pour dire "Qui va garder les gosses ?" Alors, qui sont ces ''nouveaux pères'' qui revendiquent maintenant des droits ? A notre tour maintenant de leur en faire baver. Ils paieront pour tous les autres. C'est malheureux pour cet enfant. Son père est égoïste, il n'a pas pensé à la douleur de son fils. Après tout, c'était son choix d'en finir. J'avais bien vu qu'il était spécial et buté. »
« Qui a tué Stéphane Lafargue ? Qui est responsable et pourquoi est-il mort ? »
« Ce n'est pas moi », dit l'expert psychiatre. « Vous ne pouvez pas m'accuser.
Je n'ai fait que mon boulot à la demande du juge. Je suis payé pour cela, une misère, même pas au taux d'une femme de ménage. J'ai bien vu que les parents du petit Paul étaient en conflit, j'ai cité ce terme huit fois dans mon rapport.
La médiation familiale ? Connais pas. Encore un gadget inventé par certaines associations de pères extrémistes.
Même si Paul souhaitait vivre chez son père, celui-ci entretenait ??un climat d'insécurité préjudiciable à son fils générant anxiété et troubles associés (terreurs nocturnes, automutilation)??. Nous avons des consignes : priorité à la mère et à son enfant. Depuis Lacan, le père n'est qu'une représentation symbolique. La fonction paternelle peut être remplie par n'importe quel autre homme proche de l'enfant : l'amant du moment de la maman que l'on qualifie de "beau-père", le grand-père maternel cela s'entend, l'instituteur, le curé ou le gendarme.
Un des juges a écrit : "un enfant doit apprendre les frustrations de la vie quotidienne." Tout le monde l'avait bien vu que ce père était trop rigoriste, trop exigeant pour son enfant. Voilà, à quoi cela l'a conduit.
Le problème était bien le père, y a plus de problème maintenant, plus de frustrations chez cet enfant? Il lui arrivera bien parfois de dire encore ??mon père me manque? souvent le soir je pleure?? mais avec le temps, il fera son deuil? »
« Qui a tué Stéphane Lafargue ? Qui est responsable et pourquoi est-il mort ? »
« Ce n'est pas nous », disent les avocats, « Vous ne pouvez pas nous accuser.
Nous faisons notre travail. Nous sommes payés pour défendre notre client qui fait appel à la justice pour faire appliquer ses droits. Les droits du père contre les droits de la mère. Bien sûr, il y a maintenant les droits de l?enfant. Comment voulez-vous qu?on s?y retrouve ? C?est vrai, le divorce fait vivre plus de la moitié d?entre nous.
La médiation familiale ? Une véritable concurrence. Une menace pour notre métier. Nous avons réussi à en marginaliser son application grâce à nos copains Parlementaires. Nous l?avons récupérée en créant nos services de médiation dans les Tribunaux. On les a bien eu tous ces idéalistes qui prônaient la parité et la coparentalité.
« Qui a tué Stéphane Lafargue ? Qui est responsable et pourquoi est-il mort ? »
« Ce n'est pas nous », disent les juges, « Vous ne pouvez pas nous accuser. Nous n'avons fait qu'appliquer le droit. Ce n'est pas de notre faute si ces parents se bouffaient le nez. Ils ne sont pas raisonnables aussi. Ils revenaient en justice souvent pour des broutilles, surtout le père. Quel procédurier ! Quel casse-pieds !
On ne demande pas aux juges de régler un conflit en cherchant à mettre d'accord les parties. Nous sommes là pour trancher, c'est d'ailleurs le symbole de la justice. C'est vrai, il y a aussi la balance, un instrument trop compliqué pour nous. Elle penche peut-être parfois du côté de l'un des parents mais on ne change pas une équipe (la mère et son enfant) qui gagne (la pension alimentaire).
Et puis, on voit tant de pères qui se foutent de leurs enfants, qui ne paient pas leurs pensions alimentaires, qui sont absents, violents, alcooliques, toxicomanes, qui abusent de leurs enfants? En confiant l'enfant à la mère, on prend beaucoup moins de risques. C'est vrai, on voit de temps en temps des mères négligentes, possessives, violentes, incestueuses, criminelles ; mais que voulez-vous ? Les gens leurs pardonnent volontiers, leurs trouvent plus facilement des excuses, tandis qu'un père? C'est vrai quoi. Qu'est-ce que c'est que ces pères qui veulent allaiter leurs enfants ? On ne leur demande pas de singer les mères ; juste payer leur contribution financière et ne pas la ramener. En se donnant la mort (acte totalement irresponsable), ce père s'est rendu coupable d'abandon de famille. Cette mère aura plus de difficulté pour élever son fils.
Et puis, au nom de l'intérêt de l'enfant, on peut tout dire et tout écrire, une chose et son contraire, ce ne sont pas les enfants qui viendront revendiquer leurs droits.
Si nous devions commettre une dernière ordonnance (à titre posthume), nous supprimerions le droit de cet enfant de visiter son père au cimetière. »
« Qui a tué Stéphane Lafargue ? Qui est responsable et pourquoi est-il mort ? »
« Ce n'est pas nous », disent les politiques, « Vous ne pouvez pas nous accuser. Nous sommes totalement étrangers à cette affaire. Nous ne connaissons pas ces gens. Ce ne sont pour nous que des électeurs avec des problèmes familiaux.
Une fois élu(e)s, nous sommes sollicité(e)s par des tas de gens, des associations, des corporations, des syndicats, des organismes, etc. Difficile de satisfaire tout le monde d'autant plus qu'il y a aussi des réalités. On ne change pas les habitudes et les institutions comme ça. Regardez la résidence alternée qui peut paraître un concept intéressant car plus respectueux des intérêts et des droits tant des parents que des enfants. C'est très difficile à mettre en place, la preuve.
Les féministes étaient contre et leurs arguments pèsent lourds dans les débats. Les pères qui la réclamaient n'étaient qu'une poignée en France.
Il n'est pas encore prouvé qu'il y ait plus de suicides de pères à cause d'injustices sur les droits de garde que de mères victimes de violences conjugales. D'un côté, des morts "propres" et solitaires, dirons-nous, dont les raisons peuvent être sujettes à caution (difficulté de faire le deuil de la relation conjugale, difficultés professionnelles et/ou financières, mal-être) et de l'autre, des femmes parfois salement amochées dont les auteurs sont clairement identifiés. Nous non plus, nous ne voyons pas souvent nos enfants et nous ne suicidons pas pour autant.
Et puis parmi nous, il y a beaucoup d'avocats. Nous pensons à nos collègues qui ont du mal à survivre et qui réclament régulièrement la revalorisation de l'aide juridictionnelle. Nous n'allons pas leur rendre la vie encore plus difficile.
Alors, la médiation familiale pour résoudre les conflits parentaux ? Peut-être, mais à petite dose. Quand les parents sont d'accord pour y aller. La rendre obligatoire ? Qui va payer ? Le contribuable ?
« Qui a tué Stéphane Lafargue ? Qui est responsable et pourquoi est-il mort ? »
« Ce n'est pas moi », dit le bon Dieu, « Vous ne pouvez pas m'accuser. Je ne peux pas être partout, les hommes sont tout le temps et partout en train de se battre. Et puis, ils sont de plus en plus nombreux sur terre.
Je ne rends pas la justice comme les hommes le font entre eux. Mon message d'Amour n'est pas inscrit dans leurs Codes. Cet amour qu'il faut pourtant pour qu'un enfant grandisse dans la paix, le bien-être et le bonheur d'être soutenu et guidé par ses deux parents. J'ai cru que les Hommes étaient sur la bonne voie avec l'instauration de la médiation familiale. Encore faut-il que les femmes et les hommes chargés de rendre la justice en aient compris l?utilité et en aient envie.
C'est vrai qu'en fécondant Marie il y a deux millénaires pour que naisse mon fils, j'ai été le premier père qui brillait par son absence. J'ai également contribué à la plus célèbre des familles recomposées du monde. Joseph a tenu le rôle ingrat de beau-père et Jésus n'a pas eu besoin de moi car j'étais en lui? »
« Qui a tué Stéphane Lafargue ? Qui est responsable et pourquoi est-il mort ? »
« C'est peut-être moi », dit l'enfant. « Vous pouvez m'accuser. Après tout, c'est de ma faute. Certains disent que j'ai mis dans la tête de mon papa que je voulais vivre auprès de lui. Comprenez, ce n'est pas facile de choisir entre mon papa et ma maman, chacun me voulait pour mon bien. C'était terrible à vivre. Maintenant, je n'ai plus le choix. Merci papa. Tu commençais à sérieusement agacer tout le monde avec tes procédures. Pourquoi faut-il que nous choisissions alors qu'au départ, nous n'avons pas choisi de venir au monde ?
Je n'ai plus qu'à prier le bon Dieu pour que je ne tombe pas sur une compagne qui m'en fasse baver. Le plus simple serait que je devienne homosexuel et que je revendique le droit d'adopter des enfants pour moi tout seul. »
Comme l?a indiqué Stéphane dans son courrier du 20 novembre 2006 à Mme ROYAL, « L?intervention de l?institution judiciaire, après la séparation de notre couple, a engendré un conflit aigu. » Seul le Procureur de la République de Nîmes les a orienté vers la médiation début 2003. Hélas, pas un expert, pas un juge aux affaires familiales, pas un conseiller de la Cour d'appel n'a persévéré dans cette voie. Pire, ils n'ont pas tenu compte des accords parentaux. Aujourd'hui, tel Ponce Pilate, ils dorment tranquilles. Le bilan est lourd : 1 mort, 1 orphelin et 1 mère culpabilisée à vie.
Puisse la mort de ce père contribuer à la réflexion des candidats à l?élection présidentielle. Triste est le pays dont le (la) président(e) n?aime pas les enfants !
Veuillez agréer, Mesdames, Messieurs, l?assurance de notre considération distinguée.
Ph. TRONCIN M. DUDRAGNE
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Lien du blog de Stéphane Lafargue avant son décès: sauverpaul.over-blog.com
Copies pour information aux douze candidats à l?élection présidentielle, et tiers :
Monsieur François BAYROU - Monsieur Jean-Marie LE PEN
Monsieur Olivier BESANCENOT - Monsieur Frédéric NIHOUS
Monsieur José BOVE - Madame Ségolène ROYAL
Madame Marie-Georges BUFFET - Monsieur Nicolas SARKOZY
Monsieur Philippe DE VILLIERS - Monsieur Gérard SCHIVARDI
Madame Arlette LAGUILLIER - Madame Dominique VOYNET
Droits réservés .Publication sous autorisation.
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